Bonjour Arthur, peux-tu te présenter aux paroissiens de Saint-Maurille ?
Mon nom est Arthur Augereau, j’ai 22 ans, je suis originaire de Cholet, la Jumellière. Je viens d’une famille non croyante. J’ai une grande sœur et une petite sœur.
C’est au collège à Chemillé où j’ai commencé à découvrir Dieu; ensuite, je suis allé en CAP ébéniste, et j’ai fait un CAP en 2 ans, puis j’ai fait un BAC pro en alternance pour être technicien en application dans le bois. Et maintenant, je suis en BTS en alternance en développement réalisation de bois.
Une chose que tu aimes et une chose que tu n’aimes pas ?
J’aime beaucoup partir en randonnée et camper, et pour ce que j’aime moins… je n’aime pas danser !
Peux-tu nous partager ton parcours, ton cheminement, et comment tu as découvert Dieu ?
C’est en fin de 6ème, de mémoire, à 12 ans, que je me posais des questions. Je ne sais plus précisément lesquelles mais je crois que je ressentais quelque chose, un vrai désir que je ne savais pas décoder. J’avais un ami à ce moment-là qui était croyant pratiquant, qui m’a conseillé d’aller à l’aumônerie. C’est ce que j’ai fait, et j’ai rencontré un diacre, Guillaume Bourcy, qui était à ce moment-là diacre en vue du sacerdoce; il portait l’habit ecclésiastique, le clergyman, le col Romain.
Je suis allé le voir et je crois que je lui ai parlé d’une question. Ce à quoi il m’a répondu dans un franc-parler qui le caractérise assez bien, que c’était sûrement le bon Dieu et qu’il fallait aller à la messe pour vérifier l’hypothèse !
Je lui ai donc demandé où et quand il fallait aller à la messe. Il m’a répondu que le dimanche suivant il y avait une très, très belle messe à 15 heures à la cathédrale Saint-Maurice à Angers (la messe de son ordination sacerdotale !). Il a pris mes coordonnées et s’est débrouillé pour que des paroissiens aillent me chercher et m’emmènent à son ordination sacerdotale. Une ordination sacerdotale, c’est 2h30-3 heures de messe, et c’est passé très vite. Ça m’a beaucoup plu !
Le mercredi suivant, je me rappelle que le père Guillaume, tout nouvellement prêtre, m’a emmené à la messe dans l’église de Chemillé qui était ma paroisse à ce moment-là. Il m’a donné une aube et m’a demandé de servir l’autel, sachant que je ne connaissais rien à la messe !
Je savais juste qu’il fallait que j’aille porter le cierge pendant l’Évangile, mais je ne savais pas ce qu’était l’Évangile. Depuis, je n’ai pas loupé une seule messe le dimanche. J’ai trouvé une vraie joie dans la messe!Dans cette paroisse, il y avait plusieurs servants d’autel, dont mon ami qui m’avait emmené à l’aumônerie. Dans le service de l’autel à Chemillé, j’ai trouvé une vraie école de prière et de foi. Et c’est dans ce service que j’ai découvert le véritable trésor qu’est la messe et où je me suis vraiment pleinement épanoui dans cette liturgie et dans ce service.
Et donc pour le coup, c’est vrai que pendant toute une période j’allais à la messe, par habitude, par plaisir aussi, mais j’avais intellectualisé le fait que Dieu était présent dans l’Eucharistie. Pour autant, je ne le vivais pas vraiment; c’est-à-dire que j’avais du mal à vraiment prendre conscience de ce mystère et à agir comme si c’était le Roi des Rois. Je me rappelle qu’il y a une messe particulière avant un départ de Camp scout, où sans comprendre pourquoi, au moment de l’imposition des mains lors de la consécration, j’ai commencé à pleurer comme une madeleine, à chaudes larmes.
J’étais dans l’incompréhension totale; mais j’ai mis ça sur le compte de la fatigue parce que la veille j’étais en soirée avec des amis. Je suis partie en camp, et pendant ce camp il s’est passé la même chose, toujours au même moment. Ponctuellement, à l’imposition des mains, lors de la consécration.
J’ai donc été voir un prêtre, le conseiller religieux de notre troupe qui m’a dit : » Monsieur Augereau, ça s’appelle le don des larmes, c’est quelque chose de fréquent, mais vous êtes fatigué, donc ça va partir quand vous serez en forme au retour du camp », mais ce n’est pas parti. C’est resté, je pense, facilement un an et demi. Donc pendant un an et demi, à chaque consécration je pleurais, à chaque communion, je pleurais et aux adorations Eucharistiques aussi. En fait, à chaque présence du Saint Sacrement, je défaillais à chaudes larmes. C’est parti subitement après mon imposition du scapulaire.
Et là ça faisait bizarre: depuis 1 an et demi, j’étais habitué d’aller à la messe, parce que d’une part, ça me plaisait, mais aussi parce que je ressentais des choses de dingue, et j’avais pris cette habitude d’y aller avec une grande expérience sensible. Mais à partir de ce moment, j’avais beaucoup de mal, je me sentais un peu abandonné par Dieu.
Un jour, il y a eu une homélie d’un prêtre sur les paliers d’amour de saint Augustin, où il a expliqué que le 1er palier c’est aimer être aimé, le 2d c’est aimer aimer, donc, aimer l’état dans lequel je suis quand j’aime. Et le 3e palier, c’est aimer.
Cette homélie m’a fait comprendre que cette « absence de don », cette absence d’expérience sensible face à l’Eucharistie, c’était une manière pour moi, de passer peut-être du 1er au 2d palier et d’aimer Dieu, d’un amour plus pur et désintéressé.
J’ai continué mon accompagnement spirituel avec le père Guillaume à Chalonnes quand il a été nommé curé là-bas. Je venais une fois par mois mais uniquement pour l’entretien spi, et il m’arrivait d’aller à la messe le samedi matin, parce que l’entretien spi était après.
Finalement, il y a un moment où je me suis rendu compte que la manière de vivre la messe me convenait mieux à Chalonnes. Donc là, j’ai été à la paroisse de Chalonnes. Et trois-quatre mois après pour d’autres raisons, j’ai déménagé à Chalonnes en 2024.
Ce qui a été aussi important dans mon cheminement spirituel, c’est mon entrée à la troupe en 4ème, à 14 ans, toujours grâce à ce même ami, Paul-Hugo qui m’avait mené à l’aumônerie.
J’étais habitué au collège à pratiquer ma foi avec des gens qui ne pratiquaient pas forcément.
Au scoutisme, découvrir des gens qui ont les mêmes idées que moi, le même idéal, ça m’a vraiment porté et ça m’a permis d’ancrer profondément ma foi; le fait de découvrir le sens du concret, c’est quelque chose qui m’a changé, c’est-à-dire que ça m’a aussi, je pense, grandement sorti de l’addiction aux jeux vidéo.
Ça m’a vraiment permis de trouver une vraie fraternité, que j’avais pas forcément ailleurs. Et donc ça m’a plu et j’ ai continué après à la route, et enfin, en tant que chef.
Depuis combien de temps es-tu servant d’autel ? Quel est ton rôle en tant que grand clerc ?
Ça doit faire facilement 9 ans que je sers l’autel. En fait, le calcul est très simple: je me sers de la date d’ordination du père Guillaume qui a été ordonné en 2017, donc là en 2026, ça fait 9 ans.
Mon rôle en tant que grand clerc au début n’était pas très clair, parce que c’est un rôle qui n’existait pas dans mon ancienne paroisse. Et c’est en arrivant dans la paroisse de Chalonnes que le père Guillaume m’a appelé à être grand-clerc en me disant, qu’étant adulte, c’était vraiment l’occasion d’avoir un responsable des servants d’autel qui soit au sein même des servants d’autel.
Le rôle du grand clerc est multiple, c’est-à-dire qu’ il doit servir de pont entre le sacristain qui prépare les objets liturgiques et la messe, le célébrant et les servants, pour que tout se passe au mieux, que tout soit à peu près d’aplomb, et que ça puisse faire une belle messe qui transcende et qui serve l’assemblée. Son rôle est également de diriger les servants d’autel : dire qui fait quoi quand il y a des messes un peu particulières, des baptêmes, des communions, des confirmations ou même la messe de Pâques, de Noël. Et dès qu’il y a quelque chose qui change pendant la messe, c’est aussi ma responsabilité de leur expliquer, de définir les rôles qui changent. Par exemple, lors des messes où il y a l’évêque : il faut 2 personnes pour porter la crosse et la mitre et donc il faut les aiguiller sur quel moment y aller, etc
Le rôle le plus important du grand clerc, je pense, c’est de former les servants d’autel, leur apprendre comment faire correctement un rôle ou l’autre; par exemple: sonner la clochette ou faire l’encens.
Le comment, ce n’ est pas compliqué, il s’agit de partir au bon moment, d’avoir le bon objet dans les mains et de présenter correctement. Mais le plus important, c’est surtout le pourquoi, transmettre le sens profond de ce qui se passe durant la messe, leur expliquer : pourquoi est-ce qu’on se met à genoux à tels moments et pas à tels autres moments, qu’est-ce qui se passe maintenant ? Pourquoi est-ce qu’on lave les mains du prêtre ? Pourquoi est-ce qu’on lui relave après la communion ? Qu’est-ce qui se passe en ce moment précis ?

Qu’est-ce que t’apporte ce service de grand clerc ?
Cela m’apporte beaucoup de choses parce que déjà, le fait de devoir déléguer, superviser les rôles particuliers pendant la messe, il faut d’abord que moi, je me mette dans la messe. Que je comprenne ce qu’il s’y passe. Et donc ça me permet de découvrir plus en profondeur certaines parties très précises de la messe qu’on n’ignore pas forcément, mais auxquelles on prête moins attention quand on est dans l’assemblée.
Un exemple, c’est l’offertoire : quand on est dans le chœur, pour nous, tout ce qui se passe, c’est le prêtre qui prépare les oblats, qui deviendront le Corps et le Sang du Christ. Alors que quand on est dans l’assemblée, parfois, ce qui se passe, c’est qu’on sort notre porte-monnaie pour payer la quête.
Ça permet notamment de découvrir une autre dimension du mystère Eucharistique, et beaucoup de paroles cachées comme : » Lave-moi de mes fautes, purifie-moi de mon péché ». Il y a beaucoup de paroles que l’assemblée n’entend pas forcément et qu’on peut entendre en tant que servant, et qui nous aide à effleurer plus grandement le mystère divin de la messe.
Ce que cela m’apporte aussi, c’est le plaisir de transmettre et de partager ma foi, et aussi le plaisir de voir les servants comprendre un peu mieux ce qui se passe pendant la messe.
Un beau souvenir de ces années de service ? une anecdote ?
Voici une anecdote : parfois, il se passe plusieurs choses en même temps pendant la messe. Et parfois, il y a des servants qui « buguent » et ça peut donner des choses un peu catastrophiques mais aussi des choses très drôles.
Un jour, il y a un jeune servant qui avait la burette et le lavabo dans les mains pour laver les mains du prêtre. Au même moment, il y a le Saint Sacrement, qui s’en va vers le tabernacle. Il voit tous ses amis servants d’autel se mettre à genoux. Et donc il se dit, « il faut que je me mette à genoux », et il se retrouve à devoir laver les mains du prêtre, à genoux, et à mettre le lavabo et la burette au-dessus de sa tête, à la hauteur du prêtre. Donc là, c’est rigolo parce que, c’est un geste qui ne touche pas du tout à la sacralité de la messe, qui ne touche pas non plus à la manière dont l’assemblée va vivre la messe, mais qui est vachement rigolo quand on a le contexte !
Depuis combien de temps es-tu scout et comment as-tu découvert ce mouvement ?
Je suis scout depuis 7-8 ans à peu près. J’ai découvert ce mouvement par le biais du même ami qui m’a fait découvrir l’aumônerie. Il m’a simplement raconté ses week-end.
Moi, je racontais mes week-ends où je ne faisais pas grand-chose, et lui, me racontait des week-ends qui me paraissaient assez extraordinaires. Leur thème d’année, c’était les batailles napoléoniennes, et il me racontait des week-ends où les Prussiens se battaient contre l’armée napoléonienne.
Et j’ai eu envie de découvrir ça !
Et c’est seulement l’année suivante où je me suis rendu compte qu’en fait, ce n’étaient pas des vrais Prussiens qui se battaient contre l’armée napoléonienne !
Ton parcours en tant que scout ?
J’ai fait 4 années à la troupe car j’ai commencé le scoutisme un peu plus tard, et j’ai fait ma progression très, très vite parce que j’étais un peu plus grand, et mon parcours de foi m’avait peut-être donné une maturité supplémentaire.
J’ai ensuite fait ma promesse Scout très rapidement, et ce jour-ci, je me suis engagé « sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, à servir de mon mieux, Dieu, l’Église, ma patrie et l’Europe. A aider mon prochain en toute circonstance, et à observer la loi scout ».
J’ai eu la chance de prononcer cette promesse 2 ans plus tard que ce qu’on la prononce habituellement, et donc je mesurais plus pleinement les mots que je disais. Et je savais que c’était un moment très important de ma vie.
Après ces années à la troupe, à la fin de mes 17 ans, j’ai rejoint le clan, où là, il n’ y a plus d’imaginaire, il n’ y a plus de jeux. On marche, on prie, on fait des rencontres. J’y ai découvert de vrais frères.
Quand on est entre hommes et qu’on se raconte des choses très intimes sur notre vie, ce qu’on a vécu, notre relation à Dieu, on comprend qu’il y a un palier de passé.
J’ai découvert cette vraie richesse, et ces 2 années à la route m’ont permis de mûrir humainement en découvrant des frères ou même en découvrant des personnes sur le bord de la route qui ne nous ressemblent pas du tout, et à qui on ne serait jamais allé parler habituellement.
Après ces 2 ans au clan, j’ai rejoint la meute, en service; j’étais assistant pour coéduquer des jeunes entre 8 et 12 ans, avec la pédagogie du mouvement scout.
J’ai servi une année en tant qu’assistant, puis, on m’a proposé de prendre la relève en tant que chef, donc c’est-à-dire que j’ai charge d’âmes des jeunes qui me sont confiés, et mon devoir est de les faire grandir, dans le sens du concret, dans le sens de soi, du service, des autres, le sens de Dieu aussi. Et surtout, de leur donner tous les outils que je peux leur apporter avec le mouvement, pour qu’ils deviennent des saints plus tard. C’est à moi que revient cette responsabilité avec l’aide de mes assistants.

Qu’est-ce que cela t’apporte ?
Beaucoup de choses ! En terme d’expérience humaine, ça m’apprend à gérer des projets, à être responsable aussi, à comprendre quelles responsabilités j’ai vis-à-vis du mouvement et des jeunes. A prendre aussi les bonnes décisions, parfois assez vite selon les circonstances : on n’a pas 15 minutes pour réfléchir quand on a un orage par exemple.
Ce que ça m’apporte aussi, c’est qu’ il y a presque une relation paternelle par moment. En effet, pour être un bon chef, il faut surtout aimer les louveteaux un par un, les connaître : savoir que tel Loup fait de rugby, tel loup fait du foot, tel loup fait une sieste dès qu’il peut, tel loup ne dormira jamais… connaitre leurs goûts, leurs couleurs, leurs passe-temps. Ils ont vraiment cette soif de partager, et quand on prend le temps de les écouter, ils peuvent aller au bout du monde avec nous. Ça permet de se rendre compte aussi de la très grande responsabilité, du très grand pouvoir qu’on a quand on est plus âgé, vis-à-vis des jeunes, et de voir qu’en fait, un bon chef peut faire des jeunes, des saints, j’en suis persuadé, mais un mauvais chef peut faire des jeunes, des personnes perdues, qui ne savent pas où ils doivent aller.
Ça m’a vraiment permis de grandir humainement dans mon rapport aux autres.
Qu’as-tu envie de transmettre aux enfants dont tu as la charge en tant que chef ?
Déjà, il y a un grand travail de confiance : qu’ils sachent qu’ils peuvent avoir confiance envers les plus grands quand il s’est passé un problème, ou même, s’ils ont envie de parler tout simplement.
Et surtout, ce que je voudrais leur transmettre, c’est que si on prend le temps d’écouter les autres, de prendre soin les uns des autres, de se servir les uns les autres, on peut aller au bout du monde, on peut faire des projets de dingue, et on peut vivre une très belle année. Dieu, il est toujours là, que ce soit dans le repas, dans les jeux, etc
On peut grandir ensemble, et quand on découvre une famille, c’est important d’être attentif les uns aux autres.
Peux-tu nous partager ton cheminement, ton appel à devenir séminariste ?
Très, très vite après ma conversion, je me rappelle qu’au collège en 4e à peu près, je me baladais avec le Nouveau Testament illustré, que je lisais sans cesse; j’ai dû le dévorer en un mois, je pense.
Dans ma tête, à ce moment-là, j’allais devenir prêtre. Mais, à cette période, c’était un peu un rêve, le même qu’on pourrait avoir quand on se dit « je serai pompier ». Ce n’était pas mûr de fait.
En 3ème, j’ai fait le choix de rentrer en CAP ébéniste, et ça m’a beaucoup plu. Durant le CAP, le désir du sacerdoce est revenu, en même temps que le don des larmes justement, avec ce grand désir de l’Eucharistie. Je me suis dit : « Dieu se donne à nous dans le mystère de la Croix et de l’Eucharistie, et donc je peux bien me donner à lui « .
J’avais ce désir d’entrer en propédeutique; mais je n’avais que 17 ans à la fin de mon CAP, et c’était encore un peu trop jeune. Donc je suis allé en BAC pro, en alternance. Pendant la suite de mes études, le désir est parti, puis revenu, puis reparti, puis revenu.
Et pour être tout à fait transparent, c’était souvent au moment où je rencontrais des filles assez sympas que le désir de rentrer en propédeutique partait. J’avais cette tendance à me dire: » cette fille est très sympa, on s’entend très bien, et donc certainement, je suis vraiment appelé au mariage, sans aller au-delà.
Pendant mon BTS, je me suis pleinement rendu compte qu’on est tous appelé naturellement au mariage, à avoir une famille, que c’est vraiment un désir naturel et normal, donc c’est presque rassurant de ressentir ce désir en moi. Mais le désir du sacerdoce prenait le dessus et ce désir était plus fort que celui du mariage.
Avec le temps, plus ça allait, plus je me rendais compte que c’était bel et bien mon cas, que je suis vraiment brûlant d’un autre désir, et ça se manifeste à la messe; j’ai vraiment ce grand désir de la messe ou même cet amour pour la paroisse et pour les paroissiens entre autres. Le fait de parler, de prendre des nouvelles, le parcours Alpha qui m’a beaucoup aidé aussi.
La décision s’est vraiment ancrée un peu avant la Toussaint où j’étais en récollection avec la communauté Saint-Martin, sur l’amitié. Là, je me suis dit intellectuellement : » Aujourd’hui je suis bloqué, parce que je suis brûlant d’un grand désir pour me donner à Dieu dans le sacerdoce, mais je ressens aussi cet appel si naturel au mariage, et, pour me donner en plénitude dans ma vocation, il faut que j’aille en propédeutique pour pouvoir répondre à la question du sacerdoce, que ce soit par l’affirmatif ou par le négatif. » Il faut que je puisse répondre parce que de toute manière, aujourd’hui, je ne pourrais jamais me donner librement à une femme, sans avoir d’abord dit « non » au sacerdoce; j’aurais l’impression de ne pas être honnête. Et, mon don ne sera pas complet, parce que j’aurai toujours cette ardeur pour un autre désir et je veux que si un jour je suis appelé à me donner à une femme, ce soit totalement et sans aucun regret.
Voilà, j’y vais en me disant que je n’entre pas au séminaire, mais bien en propédeutique, qui est une année de formation spirituelle et humaine, qui a vocation effectivement de discerner son appel au sacerdoce. Donc, si ça se trouve, dans un an, la propédeutique m’aura révélé qu’en fait, je ne suis peut-être pas appelé à devenir prêtre, et dans ce cas-là, « Deo gratias », je pourrai me donner l’esprit libre, à la femme qui me sera donné. J’y vais vraiment pour ma liberté, et pour pouvoir me donner dans ma vocation, quelle qu’elle soit.
Peux-tu nous partager quelque chose qui te touche, un passage de l’Évangile, une parole édifiante à partager avec paroissiens de Saint-Maurille ?
Je pense qu’il faut faire confiance à la Bible, à Dieu; il y a beaucoup de fois où j’ai été perdu, c’était un peu dur dans ma prière, et où j’ai eu des réflexes d’ouvrir la Bible au pif, regarder où mes yeux tombaient et voir en quoi ça me parlait. Et à chaque fois que j’appliquais cette démarche, je m’attendais à devoir réfléchir des heures sur la parole pour savoir ce qu’elle voulait dire, et à chaque fois j’étais surpris.
A la même récollection à la communauté sont Martin, on avait une nuit entière d’Adoration.
Moi, j’étais dans le créneau de 3 à 4 h du matin; c’était très compliqué les 30 premières minutes, je la passais juste à lutter contre le sommeil, et je commençais à m’endormir.
J’ai ouvert ma Bible au pif et je suis tombé sur Matthieu chapitre 26 de mémoire. Sur Jésus, qui rouspète ses disciples parce qu’ils dorment au jardin des oliviers, et qu’ils ne sont pas capables de veiller 1 heure pendant que leur Dieu s’offre. J’étais face au Saint-Sacrement, Dieu qui s’offre, donc je me suis senti un peu ridicule, mais j’ai pu fermer ma Bible et prier pendant les 30 minutes suivantes.
En fait, j’ai beaucoup de moments comme ça, où Dieu répond immédiatement, de manière très explicite. À condition qu’on se mette dans la disposition qui le permet.
Qu’est-ce qui t’aide à grandir dans ta vie de foi ?
Je pense qu’il y a plusieurs choses. Il y a mon rapport avec les autres, le fait de découvrir Dieu dans les autres, notamment dans les discussions, les rencontres.
Il y a aussi les méditations du Chapelet, et la liturgie des heures que j’expérimente autant que je peux. Je me contente des Laudes, des Vêpres et des Complies; ça me permet « d’articuler » ma journée autour de Dieu, et de me rappeler que même dans la vie active, si j’arrive à libérer le temps ne serait-ce que pour les Laudes, les vêpres et les Complies, je peux mettre Dieu au centre de ma vie, malgré le travail, mes engagements, etc.
Ça me permet vraiment d’ancrer ma vie en Christ, en plus de la messe en semaine que je suis, autant possible.
Merci, Arthur, pour ton témoignage ! Merci pour ta confiance et de nous avoir partagé ton parcours.
